Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 21:45

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Je suis au regret de devoir suspendre l'écriture de mes billets, de me retirer également de Facebook, activité et site qui me permettaient de relayer des informations et actions au service de la libération animale ou / et de la littérature tout comme de découvrir des personnes attachantes, mais également, d’entretenir l’épuisante autant que nécessaire promotion de mes livres.

Je m’en vais (peut-être pour mieux revenir) parce que ça me titille depuis des mois. Parce que j’ai besoin de temps et que je ne le trouve pas. Parce que j’ai besoin de travailler davantage pour moi et pour mon entourage proche ; un peu moins pour les "autres plus éloignés". Besoin, en fait, d’écrire un livre intime, non dans l’idée d’y délivrer des messages ni de le faire publier, mais dans l’espoir d’enfin mettre à distance un passé qui me colle à la peau. Besoin, aussi, de refaire du sport car deux années de travail intensif (à un point difficilement imaginable me semble-t-il), qui plus est la plupart du temps assise derrière un ordinateur, m’ont ôté pas mal de ma santé. Besoin, enfin, de nature et de simplicité, pas d’un écran qui me fatigue de plus en plus, et de relations "en vrai", pas d’écrit à écrit.


Bref, j’espère que vous comprendrez !!!


J’espère aussi que, lorsque je serai capable de revenir, alors la joie des retrouvailles nous saisira, vous comme moi.


En attendant, je vous souhaite bonne route !


... En attendant,  je vous dis, qui sait ? À bientôt ? Dans le réel ? Je vous donne rendez-vous le 21 avril à l’action parisienne de la SMAL, le 5 mai à Paris également pour la cinquième manifestation mensuelle pour la libération animale, le 19 mai à la Veggie Pride marseillaise, le 2 juin au Vegfest (stand de L214) puis à la marche pour la fermeture des abattoirs… 

 

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Mercredi 28 mars 2012 3 28 /03 /Mars /2012 07:24

Encore une fois l’adage ne mentira pas : jamais deux sans trois !
Vous avez déjà eu droit à deux billets sur le spectacle, l’un vous distillant quelques anecdotes, photos et ressentis, l’autre présentant le texte de l’hommage aux animaux et à L214… Voici maintenant l’article de Victoria Luta, ex journaliste en Roumanie, cofondatrice de la tribune intellectuelle  www.observatorcultural.ro.
Elle avait déjà tenu à me faire part de ses impressions post spectacle, via un petit message spontané (message qu’avec son accord je vous avais retransmis ; voir les avis postés sur Internet), alors que nous ne nous connaissions pas du tout (enfin elle si, un peu !... puisqu’elle m’avait vue sur scène...), puis a souhaité écrire un vrai article, pour le diffuser !

... Article qui m’a étonnée, déroutée, et même, mise mal à l’aise : ça parle beaucoup de moi… Il sonne en tout cas comme une vraie critique littéraire et artistique, avec une analyse que je trouve fine. Bref, comme il vaut le coup, eh bien… il a rejoint le petit blogue !
Bonne lecture !

 

Vous cherchez le sens ?



 C'est une petite jeune femme, charmante et légèrement moqueuse. Qui sème le trouble, avec sa voix un brin trébuchante. Sur la scène, elle se donne du mal à bien articuler et prononcer. Elle semble soucieuse de surtout bien dire ses mots, ses maux, avec une clarté respectueuse du sens qui la distingue des comédiennes. Décidément, elle n'est pas actrice. On lui sent le trac, la crampe, l'angoisse clouée au ventre de s'exposer comme ça, d'un coup, devant les gens. Confronté à ses récits peu confortables et peuplés par une foultitude de sous-estimés (des gosses, des meufs, des oiseaux, des oublieux, des hypersensibles et des enfermés dans le silence, des humiliés, des agressées et des agresseurs « par défaut », des n'importe qui et des petits qui doivent se la fermer, des maltraités, des mal-aimés et des malmenés), ce jeu plein de fragilité se dévoile vite comme une manipulation artistique de premier ordre.

 

En effet, cette jeune auteure au verbe acide s'arrange à merveille avec l'effet de « séduction immédiate » exercée sur son public, qu'elle détourne et utilise à son gré. Afin d'installer le public dans le doute, pour le déstabiliser et le porter, doucement, presque tendrement, jusqu'au bout du gouffre, là où il peut apercevoir, non sans effroi, l'impensable. Et cela semble fonctionner à coup sûr : une certaine gêne, une vague dissonance, une contrariété diffuse et grandissante se font rapidement sentir parmi les spectateurs. Qui cherchent – à tort ? – le sens à travers les textes lus par les artistes présents sur la scène, entre les images de Proca et les morceaux de musique. Les histoires et les découpages de ce monde, marqués de fissures, de cassures, de brisures de toutes sortes, se déploient dans le spectacle, irrigués par l’autodérision, fouettés par l’auto-ironie, inondés par l’humour noir et noyés dans l'absurde. Parfois, il s'agit de perceptions à fleur de peau, surprises d'en haut et partielles, presque génératrices de malaise, comme un goéland survolant la Terre pourrait nous fournir – un oiseau que Sandrine Delorme, l'auteure de ces textes, aurait aimé être. Ça donne un spectacle à fleur de plume.

 

L'étrangeté et le non-sens qui gagnent les spectateurs proviennent d'ici : de l'ambition de Sandrine Delorme, qui a conçu cette pièce au bénéfice de son « association préférée », L214, et l'a coproduite avec Frédéric Boucher, en y conviant d'autres artistes – Christine Lejoux, Caroline Jeannoutot et Proca – comme un discours sur l'indicible qu'est devenue, aujourd'hui, la condition animale.

 

C'est un vaste sujet, vieux et délicat, objet de querelles insolubles, celui portant sur la possibilité (le devoir ?) de représenter l’irreprésentable. Comment rendre compte du massacre quotidien, institutionnalisé et banalisé de milliers d'êtres sans voix ni défense ? Comment dire la souffrance consommée sans paroles ? Comment s’accommoder de vivre dans cet univers inintelligible, infiniment cruel, incessamment meurtrier ? Comment parler aux consciences cautionnant la catastrophe ? Quelle réplique peut-on donner au réel foncièrement disharmonique et immensément cruel ? La déprime, la névrose, la folie, le refus de procréer, l'oubli, la vie en retrait, les sens déréglés représentent, dans les textes-psychodrames de Sandrine Delorme, les reflets « naturellement » malades du réel.

 

Toutes les clés de ce spectacle résident dans l'engagement antispéciste qui occupe pleinement la personnalité de Sandrine Delorme. Dans la lumière de sa vocation militante et d'« objecteur de conscience », la pièce de Sandrine Delorme se lit comme implicitement dénonciatrice, en guise de métaphore artistique qui vient enrichir subtilement les possibilités d'expression de son discours militant. Puisque rien de ce que Sandrine Delorme est aujourd'hui ne peut s'expliquer ou se résumer à l'aide des qualificatifs sages des quatrièmes de couverture : « orthophoniste », « auteure », sans prendre en compte son choix radicalement humain en faveur des animaux.

 

J'ai vu « A fleur de plume » un samedi soir, à Montreuil. Lundi matin, avant leur entrée en classe, quatre enfants et un prof se sont fait fusiller à Toulouse. Quel lien ?! Vous cherchez le sens ? Vous avez tort !

 

Victoria Luta

 

1187638670 marin2 Goéland Marin :  [...] Mon bec est jaune, bordé de rouge à son extrémité.
Je ne savais pas voler, ni tant d’autres choses encore. Mais j’ai vite appris. [...]

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Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 12:01

Après l'hommage à L214, je vous transmets sa dernière lettre d'info !

 

Doit-on encore manger des animaux - ARTE

 

 

→ Dossier en ligne sur le site d'ARTE

Ce mardi 27 mars, à partir de 20h35, le Thema de Arte sera consacré à la viande. Le premier documentaire traite des conséquences désastreuses de la consommation de viande sur les animaux, la santé publique, l'environnement, le partage des ressources. Le second présentera l'espoir que représente le végétarisme.

Brigitte Gothière de L214 participera en direct, avec deux autres intervenants, au débat qui suivra la diffusion des documentaires, débat qui se poursuivra pendant une heure sur le site de la chaîne.

→ tchat en direct mardi 27 mars de 22h40 à 23h20

Nous avons eu le privilège de visionner les documentaires en avance. Nous ne pouvons que vous conseiller de ne pas manquer cet événement. Si vous ne pouvez pas regarder en direct, sachez qu'il sera simple de les revoir sur ARTE +7.

Les images de l'abattoir Charal que nous avions diffusées en 2009, l'opération des cadavres d'animaux dans Paris sur la place St Michel et la campagne lundi c'est végé ! seront évoquées au cours des documentaires.

Si à la suite de ce Thema, vous trouvez que le travail de L214 sert à quelque chose, alors n'hésitez pas à nous soutenir ! Nous avons besoin de votre aide. Vous pouvez faire un don, programmer un virement mensuel ou adhérer à l'association.

Sans votre soutien, nous ne pouvons rien faire. L214 est une association indépendante non subventionnée.

Avec tous nos remerciements.

L'équipe de L214

 

Vous pouvez aussi consulter cette lettre ici (avec davantage d'illustrations):
http://www.l214.com/lettres-infos/2012/03/27-Arte-renoncer-viande/

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Dimanche 25 mars 2012 7 25 /03 /Mars /2012 22:01

Quelques personnes m'ont demandé si je pouvais leur transmettre le texte de la dédicace aux animaux et à L214 lue par toute l'équipe au début du spectacle. D'où mon idée de le mettre en ligne ici !
Cet hommage m'a été inspiré en partie par
un texte de Sébastien Arsac je crois, publié dans un L214Mag (mais je ne retrouve plus le passage en question).


487412_2466090271579_1831956011_1483290_132400614_n.jpgPhoto : Corinne Maucourant


CHRISTINE : HOMMAGE À L214. Dans notre culture occidentale, les animaux dits « de compagnie » sont principalement les chats et les chiens. Chaque personne qui a  partagé du temps avec un chat ou un chien a fait l’expérience d’une relation avec un individu particulier doué d’une personnalité unique, et a pu identifier chez cet individu non humain tout un panel d’émotions et de désirs.

Comment ne pas voir la joie d’un chien bondissant à l’idée d’aller se promener, ou celle illuminant le regard d’un chat auquel son compagnon humain propose un jeu ? Comment ne pas reconnaître la plénitude d’un matou ronronnant sur nos genoux ? Ou la détresse d’un chien qui soudain hurle de peur, voyant son maître s’éloigner puis disparaître de sa vue ?

Beaucoup d’entre nous ont à cœur d’offrir une vie sereine et heureuse aux animaux dits, et considérés, par convention socioculturelle, « de compagnie », qui sont sous leur responsabilité. Et dans notre société,  tout le monde sait que faire souffrir un animal « de compagnie » est moralement condamnable.


FRED : Mais qui se soucie des animaux dits « d’élevage », ceux destinés à notre assiette ? Comment croire qu’une personne vivant de leur exploitation, ayant besoin de leur mort pour gagner sa vie, puisse les considérer avec autant d’ouverture d’esprit, de bienveillance ? Lorsqu’on est éleveur, vétérinaire, transporteur, ouvrier d’abattoir, comment s’autoriser à reconnaître, dans les milliers de bêtes qui ne sont en vie que pour être exploitées puis tuées, non un amalgame de produits de consommation  mais des milliers d’individus, tous différents, avec des besoins, des désirs, des émotions, des intelligences ? Comment ne pas nier ce qui sauterait aux yeux dès une simple tentative de caresse ? À savoir, que ces animaux sont des individus aussi sensibles et dignes d’intérêt que nos chats et chiens ?


SANDRINE : Il est en fait primordial de mettre de la distance. Pas de caresses. Pas de regard tendre. Il faut castrer des porcelets sans anesthésie, couper des becs de poussins à vif et broyer vivants ceux dont le sexe ne convient pas, séparer des veaux à peine nés de leur mère sans prêter attention à leurs cris désespérés – ceux des mères, ceux des veaux -, entasser des oiseaux par dizaines de milliers dans des hangars fétides, laisser agoniser des poissons par asphyxie avant de les éventrer encore vivants, trancher la gorge des poulets et de tous ces animaux qui auront survécu jusqu’à l’abattoir, tuer vite, à la chaîne, des êtres souvent encore conscients car la chaîne connaît bien des ratés : question de rendement, question d’argent.


CHRISTINE : Un seul de ces actes serait considéré, à juste titre, comme un acte de cruauté condamnable… s’il s’agissait d’un chien ou d’un chat.

 

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LORENZO : L’industrie agroalimentaire est donc dans la nécessité de déployer constamment des moyens (financiers, médiatiques), pour tenter d’instaurer et de conserver une distance la plus grande possible entre le produit de consommation et le consommateur. Le consommateur, quant à lui, se garde bien d’interroger son assiette, de chercher à s’informer par lui-même, car la vérité l’empêcherait sûrement d’engloutir autant de souffrances.


SANDRINE : C’est pour toutes ces raisons qu’une association comme L214 existe. L214 doit son nom à l’article L214-1 du code rural selon lequel


CAROLINE : Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce.


FRED : Article bafoué, en France, pour l’immense majorité (de l’ordre de 99,8% !) des animaux destinés à devenir de la nourriture. L214 – l’association – se bat pour montrer au grand jour la réalité de la misère de ces animaux, et pour que leur exploitation, source de souffrances atroces pour eux, cesse un jour.


CAROLINE : L’exploitation et le meurtre de ces animaux ne sont pas seulement insupportables pour ces animaux eux-mêmes, pas seulement intolérables, non plus, pour toutes celles et tous ceux, de plus en plus nombreux, qui étendent leur compassion et leur besoin de justice à l’ensemble des êtres sensibles, mais, à notre époque, obsolètes car responsables de nombreux maux.


CHRISTINE : Voici ces maux :


LORENZO : - effet de serre et déforestation ;


FRED : - faim dans le monde ;


CAROLINE : - gaspillage et pollution de l’eau ;


SANDRINE :- risques pour la santé ;


GILLES : - argent du contribuable dilapidé !!!


CHRISTINE : Pour davantage d’informations sur les impacts catastrophiques de la viande pour les humains et notre planète, et pour vous forger votre propre idée sur le sujet, nous vous invitons à consulter le site viande.info.


SANDRINE : Par ce spectacle, l’équipe d’A fleur de plume a non seulement voulu faire connaître mes nouvelles – j’ai de la chance ! –, mais également, cette courageuse association qu’est L214, et l’aider financièrement – car cela coûte énormément d’argent, que de se battre contre l’hyperpuissante et omniprésente industrie agroalimentaire –, et enfin et surtout, contribuer à ce que ces milliards d’êtres dotés d’une conscience et aussi sensibles que nous – voire plus, notamment en ce qui concerne la douleur pour les poissons –  qui chaque jour dans le monde souffrent et meurent en vain, comptent un peu plus dans l’esprit de chacun et de chacune. Il est possible de vivre, et même de bien vivre, sans exploiter les animaux ni participer à leur massacre. Chacune, chacun à sa part de responsabilité dans le fait que ce massacre se poursuive ou s’arrête un jour. S’il vous plaît, si vous ne l’avez déjà fait, réfléchissez-y. 

 

Autre chose : de nouvelles photos viennent d'être ajoutées dans le billet-souvenir du spectacle ;
pour les voâr : clic !

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Mercredi 21 mars 2012 3 21 /03 /Mars /2012 18:31

Un p'tit (enfin, pas si p'tit que ça...) billet, histoire de s'offrir un souvenir, comme on dit... et afin de vous faire découvrir [un peu] les coulisses du pestacle


485687_292708370798637_100001784288978_729289_1510331904_n.jpgLe programme de 4 pages, maquetté par Gilles Granelli,
et le ticket d'entrée "collector" édité par L214.
Photo : Barbara Primo

 

L’AVANT : beaucoup de rires et de plaisir, avec tout plein de péripéties ! 4 répétitions générales, dont deux avortées faute de matériel ou de temps... un pianiste parfois distrait, qui oublie le matériel qu’il avait pourtant soigneusement préparé la veille… des lunettes de Zeimer qui se cassent dans tous les sens… une camionnette transportant le piano qui tombe en panne sur le trajet, juste une heure avant l’unique répétition programmée au CASA Poblano… imposant à toutes et tous une nouvelle répétition imprévue très tardive la veille de la représentation… une Sandrine qui après s'être cassé le pied, trouve le moyen d’attraper la grippe du siècle à trois semaines du spectacle, perdant toute énergie et même sa voix… et qui à cause du trac aura la d..., euh, comment formuler ce genre de truc élégamment ? bref une Sandrine qui se sera vidée de ses entrailles (oui je n’ai peur de rien, pas même de vous révéler ça !) toute la journée du 17 mars, de 7 h du matin jusqu’à 5 minutes avant son entrée sur scène (sic) !
… Entre autres révélations…
Et malgré tous ces aléas, les miens les siens les nôtres... le spectacle a tenu le coup ! On est bien content !


LE PENDANT : une heure avant le début, notre petite troupe prend un verre dans un bar et revoit encore certains détails scéniques, ayant jugé préférable de rester unie et concentrée plutôt que de succomber au plaisir d’accueillir les spectatrices et -teurs.
Sur la scène : passées les quatre premières nouvelles dans lesquelles j’ai le rôle principal, je me sens apaisée ; tout s’est bien passé, et de plus je suis assez satisfaite de mon interprétation de « La valse des monstres », tout comme de mon petit instant de « Plaisir d’Amour », que j’estime quasi « nickel », et, à mon grand étonnement, tout en décontraction. Il faut vous dire que ce qui m’inquiétait le plus, c’étaient mes passages à l’accordéon : je ne me suis remise à cet instrument que depuis huit mois, ai à mon actif très peu d’années de pratique, avec surtout de longues interruptions, et, à part une tentative un jour de fête de la musique, aucune expérience face à un public ! J’ai beaucoup progressé : mes mains ne tremblent plus de peur, et grâce à quelques conseils précieux de mes camarades, j’arrive à me construire une bulle qui me permet de mener un morceau – ou plutôt un extrait de morceau ; je ne sais si sur la longueur j’aurais tenu le coup !... – jusqu’à son terme.
En revanche, un peu plus tard, manque d’attention de ma part lors de « La valse d’Amélie », car je me suis laisser désarçonner par les applaudissements qui pleuvent à la fin de « Nabuchodonosor » ; du coup, pas assez concentrée, je n’anticipe pas mon interprétation et la rate : trop lent, trop mou, et des couacs. Bouark ! Quant à la comptine « Ah vous dirai-je Maman », elle s’en est bien sorti… tout comme « Mon amant de Saint Jean », même si j’ai zappé beaucoup de nuances et effets… manque d’intériorité, une fois de plus.
Voilà pour l’accordéon. Je ne pouvais pas ne pas vous en parler : c’était vraiment un gros, gros « morceau », pour moi !

Pour le reste, je me suis presque tout le temps régalée. J’ai aimé entendre la salle réagir, entendre les rires. J’ai adoré, de ma place ponctuelle de public, entendre et regarder Christine interpréter « Sur le bord » avec tellement de puissance émotionnelle ; une fois de plus, j’ai failli en pleurer.  J’ai vraiment eu une chance énorme d’avoir avec moi des ami-e-s qui ont accepté (d’emblée !) de me rejoindre dans mon délire, et qui se sont donné-e-s à fond pour se transformer peu à peu en interprètes de qualité. J’ai découvert en chacun-e des facettes inconnues, débordantes de vie, d’humour et de générosité. Pour en revenir à Christine par exemple, qui pendant une année avait été ma « très timide compagne de footing »… je n’aurais jamais soupçonné en elle une telle force ni une telle présence scénique.

 

L’APRÈS : à peine le temps de saluer rapidos quelques têtes amicales car hop ! je dois m’installer, avec Frédéric, à notre table de dédicaces. Nous sommes tous les deux limite HS – Fred, à chaque fois, ne peut plus articuler un mot après son interprétation de Zeimer, personnage qui le VIDE !...  Quant à moi, je dois avouer que je n’avais encore jamais écrit des dédicaces aussi peu recherchées. Pardon, ma tête était elle aussi VIDÉE !!!

Nous apprenons que la salle était essentiellement remplie avec des militant-e-s contre l’exploitation animale, des ami-e-s, et que Montreuil ne s’est pas déplacée… j’en comprendrai plus tard la raison : Falko, le gentil patron du CASA, qui redoutait de devoir mettre à la porte de la salle des personnes venues sans réservation, avait depuis deux semaines annoncé le spectacle comme « complet », proposant aux gens de venir le 31 mars plutôt que le 17 ! Or cette date du 31 mars n’avait été imaginée qu’en cas de nécessité de refuser des gens sans réservation… ce qui n’a finalement pas été le cas : plusieurs personnes qui avaient pourtant payé leur billet d’entrée ne se sont pas déplacées… et d’autres, qui pensaient venir, se sont ravisées, ayant peur de ne pas avoir de place !... Les méandres de la communication et de l’organisation…

Au final, 61 places ont été vendues, sur 70 de prévues. Pas mal, quand même ! Non ?...
Avec les entrées payées, l'argent des livres vendus lors de la séance de dédicaces (pour ma part : 3 Carotte, 3 Militer, 5 L'Entière Vérité et 3 N'aie Jamais d'Enfant) et un don de 7 euros, L214 aura gagné tout plein d'argent pour aider les animaux ! Bravo et merci aux participant-e-s !!! (Mais vivement qu'un jour, il n'y ait plus besoin de trouver du fric pour libérer les animaux.)

Enfin, à part deux personnes qui se sont dites choquées par la nourriture ingurgitée dans « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent » et par Zeimer qui mange un « steak », les retours ont été très positifs (exemples en bas de ce billet).
Pour en revenir tout de suite aux deux personnes choquées (mais j’imagine bien qu’elles n’auront pas été les seules !), elles s’attendaient à des textes au contenu 100% végane... ce qui est bien compréhensible, vu le contexte de la soirée.
Mais mes textes mettent en scène des fictions reposant sur des réalités bien réelles, sans édulcorant, et la réalité de ce que vit l’immense majorité des humain-e-s, ce n’est hélas pas le véganisme… Moi qui suis antispéciste, devrais-je stopper illico toute lecture de Faulkner ? Je viens d’entrer dans l’univers de ce grand écrivain, un univers plein de barbarie envers les animaux, les « nègres », etc. Devrais-je lui en vouloir de dépeindre, sans même les condamner, toutes ces horreurs ? Devrais-je m’abstenir de littérature non philosophiquement « clean » ? Devrait-on retirer des textes tout ce qui n’est pas politiquement correct ? Bref. Les fictions sont différentes des essais, elles n’ont pas forcément vocation à délivrer un message politique. Lorsque j’écris une fiction, je tiens à dépeindre tel, et tel, et tel personnage, avec distance, sans le juger.
Sur le site d'À Fleur de Plume, on peut lire dans les critiques de lectrices et lecteurs, celle d'une amie : [...] Dans la vraie vie, Sandrine a jeté son poste de télévision depuis belle lurette et est végétalienne par amour et respect des animaux… mais ne se prive pas d’autoriser à ses personnages ce qu’elle s’interdit à elle-même. Alors quand une mère et sa fille font bombance de jeux télé et d’abats… le père est abattu. [...]
Est-il utile de le préciser ? Connaissant, et respectant ô combien, pour la partager moi aussi, la sensibilité sur certains sujets de mes camarades animalistes, j’avais craint de choquer… cela avait été donc discuté avec mon équipe. Résultat : à l’unanimité, aucune censure, ni même précaution telle que « attention, les textes qui vont suivre… », n’avaient été retenues. L'on m'avait fait remarquer que dans ce cas, il fallait aussi mettre en garde les personnes âgées contre la nouvelle « Zeimer », très irrévérencieuse envers les vieillards et certains malades... mais également prévenir les personnes prudes que leurs oreilles pourraient se sentir agressées par « Poussin »... et les orthophonistes (« caste » à laquelle j'appartiens pourtant) et psys que « Nabuchodonosor » pourrait les agacer... sans oublier les amoureux qui adorent appeler leur moitié "chaton" et que « Poussin » n'épargne pas... etc. !
En tout cas, je suis sincèrement désolée si certaines personnes n'ont pu dépasser le choc de mes personnages carnivores et se sont senties blessées. Probablement aurait-il fallu davantage communiquer à ce sujet... même si, par ci par là, j'avais eu à c
œur d'annoncer les thèmes de mes nouvelles, comme, entre autres, ici : clic. 

 

Et voici quelques photos !


482576_2466103271904_1831956011_1483325_1484057574_n.jpgOuverture : nocturne n°2 op.9 n°2 de Frédéric Chopin.
Photo : Corinne Maucourant.

 

482072_2466091591612_1831956011_1483296_1806943752_n.jpg"Quand le chat n'est pas là, les souris dansent" : [...] Il se redresse, et se fige :
sa fille le tient en joue, armée du pistolet texan, autre offrande paternelle.[...]
Photo : Corinne Maucourant.
  

 

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" Goéland Marin " : [...] Je marchais à travers les marais, peut-être à la recherche d'un pont [...] 
Photo : Barbara Primo


481960_292708510798623_100001784288978_729294_1699955606_n.jpgSur mon tableau préféré de Proca,
"Fermer" : [...]
mais je la fermerai / acceptant à peine de lâcher quelques bribes /
à condition qu’ils ne l’ouvrent surtout pas [...]

Photo : Barbara Primo

 

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  "Je me demande" illustrée par Caroline, à la voix légère, légère :
"Plaisir d'amour ne dure qu'un moment / Chagrin d'amour ne dure qu'un moment... aussi !"
Photo : Nathalie, du CLEDA.


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  "Sur le bord", avec l'interprétation de Christine qui vous retourne comme une crêpe ...
[...]
Ils disent de moi que je suis heureuse car ils ne me voient pas.[...]
Photo : Nathalie, du CLEDA.

421265 292899144111883 100001754002417 710082 1923378000 n

[...] Mais ils n'ont rien pour moi. Absolument rien. [...]
Photo : Nathalie, du CLEDA.

 

417146_292899120778552_100001754002417_710081_626876493_n.jpg"Sur le bord", avec la chanson "On the edge" remaniée à la sauce Caroline :
[...]
  Now listen, and listen, and hear me, can you hear me ? [...]
Photo : Nathalie, du CLEDA.

 

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"Nabuchodonosor" : [...] Chuuut ! Pas pendant les infos ! [...]
Photo : Nathalie, du CLEDA.


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"Nabuchodonosor" : [...] Répète après moi : Na-bu-cho-do-no-sor... [...]
Photo : Nathalie, du CLEDA.

 

480300_2466101751866_1831956011_1483318_590422997_n.jpg"Nabuchodonosor" : Ah ! vous dirais-je, maman, ce qui cause mon tourment...
Photo : Corinne Maucourant.

 

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[...] D’où venaient ces oiseaux ? De cet arbre majestueux ?
J’entendais leurs chants variés. Quelle riche et belle musique ! [...]

Photo : Nathalie, du
CLEDA.


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  "Les oiseaux" : [...] Pas possible !!! Qui me croira ??? [...]
Photo : Barbara Primo


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"Poussin" :   [...] et que tu me regardes tandis que je te donne du plaisir [...]
Photo : Nathalie, du CLEDA.


419700_292899807445150_100001754002417_710106_489780349_n.jpg"Monsieur Zeimer, le Moloch et Maman".
Photo : Nathalie, du CLEDA.

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  Difficile de ne pas rire !... Si j'évite de regarder "l'ex colonel Zeimer"... je suis bien obligée de l'entendre !
Photo : Nathalie, du CLEDA.

 

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  [...] il s’envole, happé vers les tréfonds de l’ouvrage [...]
Photo : Nathalie, du CLEDA.


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Œuvre de Proca projetée à l'écran, et illustrant la dixième et dernière nouvelle
interprétée dans le spectacle, « L’Entière Vérité ».
Photo : Nathalie, du CLEDA.

 

 

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Le final : "Mon amant de Saint Jean"...
Photo : Nathalie, du CLEDA.

 

482315_2466103431908_1831956011_1483326_1960275083_n.jpgLe final : un peu de karaoké pour celles et ceux qui le souhaitent !...
Photo : Corinne Maucourant.

 

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De gauche à droite : Gilles, notre régisseur-technicien-projectionniste-voix off, Lorenzo Proca dit Proca, artiste peintre auteur des tableaux projetés sur écran, Christine, Caroline, ma pomme et notre pianiste-humoriste-interprète !
Photo : Nathalie, du CLEDA.


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Table de dédicaces : CD et livre du pianiste - "Une aventure musicale" - et mes bouquins...
Photo : Nathalie, du CLEDA.

 

Quelques avis postés sur Internet, après le spectacle : 

 

  J'ai passé un super moment. Plein d'humour et d'émotion dans ce spectacle, grâce à ces beaux textes sublimés par le jeu des comédiens et la musique. Bravo et merci à vous.
Corinne M.

 

Merci pour ce superbe spectacle plein de talent, de finesse et d'émotion, on en redemande ! :)
Dorée Mi

 

Très jolie plume de fleur de plume !
Ces textes plein de fantaisie et de poésie méritent une jolie salle avec une acoustique plus chaleureuse..
Un grand bravo à tous…
Michèle Scharapan

 

Merci merci j'ai passé un très agréable moment. C'était génial !!! Félicitations à tous.
Corinne G.-I.

Un super spectacle... bravo à tous !
Michael N.
 

 

 Je tiens à vous remercier pour le moment que vous nous avez offert hier soir, au bénéfice de L214.
J'ai beaucoup aimé, Sandrine, votre empathie colorée d'humour à l'égard de tous les sous-estimés : les gosses, les meufs, les oiseaux, les oublieux. Et j'ai aimé l'expressivité d'écrivaine qui aime ses textes, en quête du ton adéquat, et même la maladresse touchante de non-comédienne qui l'a rendue encore plus évidente.
J'ai beaucoup aimé, Frédéric, votre capacité dialogique dans ce spectacle et la drôlerie que - pardon ! - je ne vous soupçonnais pas.
Et, bien évidemment, j'ai beaucoup aimé le réconfort que procure l'idée qu'une telle initiative est possible grâce à votre engagement pour une cause tellement humaine...
Félicitations et bon courage !  
Victoria L.

 

Merci pour les superbes moments d'humour, d'émotions, ce partage de talents ! Bravo pour les textes, bravo pour les talents d'acteurs et les musiciens, chanteurs, ou tout à la fois !
Marie-Claude L.

Un grand BRAVO c'était formidable :-))
Sophie C.

 

Je dirais même plus : c'était formidable, un grand BRAVO ! Au début, ça m'a fait vraiment drôle d'entendre cette dédicace aux animaux. Je l'ai trouvée forte et juste. Et ensuite, je me suis régalée des nouvelles que je ne connaissais pas, de vos jeux d'actrices et d'acteurs, de vos voix... Merci d'avoir pensé à L214 pour ce spectacle. Merci de l'avoir réalisé.
Brigitte G.

 

Super spectacle, drôle, poétique, et musical. Un grand merci à la troupe "A fleur de plume" !
Janine T. Z.

 

J'ai eu des frissons sur la Nocturne de Chopin et La Valse des Monstres entre autres, et beaucoup d'émotions avec Sur le bord notamment :(
Jérémy G.

 

Très beaux textes brillamment interprétés. Rencontrer les militants et artistes après le show ont fait de cette soirée un grand moment d'amitié.
Dalila

 

Vraiment magnifique spectacle : bravo à tous!!
Barbara P.

 

Bravo pour ce spectacle très réussi ! Merci !
Nathalie

J'ai adoré ^^ Vous avez vraiment beaucoup donné dans ce magnifique spectacle, je vous souhaite de continuer !!
Maryline J.F.T.


Un spectacle plein de sensibilité, une ouverture au piano émouvante sur l'une des plus belles et plus connues musiques de Chopin. Quant aux textes ils étaient souvent touchants parfois drôles parfois plus graves. Donc pour tout cela oui j'ai passé une agréable soirée. Bravo à tout(e)s les comédienn(e)s.
Yannick C.


Pour moi, entre les textes de Sandrine Delorme
, la musique de Chopin (j'ai été 15ans pianiste !) plus celle d'Amélie Poulain, et Montmartre, sans parler des animaux ! C'est tout ce que j'aime !!! Les interprétations scéniques et musicales sont formidables ! Bravo à tous les acteurs! Et en plus, cerise sur le gâteau, tout ça pour les animaux ET L214!!! L'EXTASE !!!!!! UN GRAND BRAVO ET UN GRAND "CHAPEAU BAS"!
Nathalie B.


Ravie d'avoir découvert des artistes talentueux et ce spectacle si riche et émouvant... merci de nous avoir enchantés avec les textes de Sandrine Delorme 
si poétiques et magiques ♥ une troupe en osmose ♥ merci aussi pour cette belle générosité ♥
Tangocarmin

 

Salle intime agréable (si ce n'est certaines spectatrices et retardataires bruyants...), textes extraordinaires, tableaux magnifiques. J'ai été bluffée par la très belle Christine, la force qui l'habite, son talent d'actrice (prend-elle des cours de théâtre ?). Sandrine et Frédéric surjouaient par moments, mais ce ne sont pas des acteurs ! Au final, un spectacle très attachant et très original.
C. F.

 

J'ai pris un énorme plaisir à découvrir votre spectacle, Madame. J'ai ri – si doucement que vous n'avez pas dû m'entendre du fond de la salle - j'ai adoooooré les nouvelles que je relirai avec plaisir lorsque j'aurai également dévoré tous les ouvrages que votre Carotte Hurlante m'a fait acheter.
J'aime ! … votre humour subtil, avec sa dose de surprises et d'absurdités.

Il m'a semblé que vous aviez tous gagné en assurance au cours du spectacle, la déjanterie des personnages et les réactions de la salle y ont probablement aidé.
En tout cas, j'ai été très émue, souvent.
Bravo à vous tous !
Béatrice A.

Par afleurdeplume.over-blog.com
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