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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 12:58

L’écriture de mon futur livre a ceci d’agréable pour moi : elle m’a permis de rencontrer de belles personnes. Aujourd’hui, j’ai envie de rendre hommage à quatre d’entre elles. 

 

Un court chapitre de ce livre est dédié à " Pascale, barquetteuse au soleil d’un mois de juin ". Pascale désire participer le plus qu’elle peut à la défense des droits des animaux, joue régulièrement le rôle de barquetteuse humaine, et tient également un site d’artiste : http://sites.google.com/site/pascalesalmon/

 

Pour moi-même mais également pour les besoins de mon livre, j’ai récemment participé à une journée axée sur " l’efficacité du militantisme pour les droits des animaux ", lors de laquelle j’ai, entre autres sympathiques militants, rencontré Christophe. Un projet qui lui tient à cœur est celui-ci : rassembler les dizaines et dizaines d’associations françaises existantes, qu’elles s’occupent de bien-être animal ou de droits des animaux, au sein d’une fédération, afin de donner à la cause animale un poids politique plus évident. Le site Internet qu’il a co-créé dans ce but est Animavie.

 

Enfin, un autre chapitre de mon ouvrage a pour objet une vidéo en ligne sur le blog du CLEDA, qui met en scène Brigitte. J’ai rencontré Brigitte pour la première fois  hier, lors de la marche anti-vivisection, mais je l’avais précédemment contactée par courriel, afin de lui faire connaître le passage qui la concernait. Brigitte alimente un site consacré aux pigeons, qu’elle défend ardemment : L’Ambassade des pigeons. Lorsque vous constatez l’apparition d’un pigeonnier à Paris, sachez qu’elle a à coup sûr œuvré pour lui.

 

J’ai transmis à Brigitte un pamphlet que j’avais écrit il y a quelques années en l’honneur des pigeons, oiseaux boucs émissaires de nombreux Parisiens - comme quoi, on peut parfois être à la fois oiseau et bouc, sic.

Je vous le transmets, à vous aussi. Ainsi que ce passage de mon prochain livre : On n'a pas voté les Droits de l'Homme pour les humains qui font preuve d'un sens moral exemplaire, mais pour tous les humains. Il en va de même pour les animaux non humains : ce n'est pas parce qu'ils le méritent qu'ils ont des droits, ni parce qu'on les aime, mais parce qu'ils ont des besoins et des désirs qu'il serait de bon ton de considérer. Besoins de battre des ailes, de voler, de vivre sa vie en toute liberté, de rencontrer des membres de son espèce, de partager des choses, de découvrir, d'apprendre, etc. !

Je ne vous demande pas d’aimer les pigeons. Juste, de les respecter. Et s’ils vous ch… dessus, de ne pas pour autant souhaiter leur mort.

 

La quatrième personne à laquelle je souhaite rendre hommage via ce billet, c’est Bébert le pigeon. Bébert que, lors de l’atelier " communication animale " auquel j’ai dernièrement participé, mes collègues stagiaires et moi-même avons découvert quasi inconscient sur le bord d’un chemin.  (S'était-il assommé contre une baie vitrée ? Nous n'en saurons jamais rien.) Bébert auquel nous avons trouvé une boîte. Bébert que Kathy a emmené chez elle pour le mettre à l’abri et surveiller son évolution. Bébert qui, remis de sa mésaventure, s’est finalement envolé de chez Kathy.

Mais nous ignorions que nous aurions dû le remmener sur le lieu où nous l’avions trouvé. Là où il avait ses habitudes, son ou sa chéri(e), ses amis, là où il avait appris à trouver sa nourriture. M’a expliqué Brigitte hier.

Pour une prochaine fois, je saurai. Vous aussi.

 

Voici donc mon pamphlet :

 

Se lâcher (de pigeons)

 

Dans Paris se chevauchent deux mondes qui s’étendent chacun dans le sens longitudinal : la première couche, celle du bas, comprend pourtant les êtres qui se croient les plus hauts ; il s’agit des  Fascistes  Au Quotidien,  que nous nommerons les hommes, et de leurs animaux domestiques, rangés malgré eux à l’intérieur de cette strate dite élue.

Juste au dessus, mais parfois au même niveau car espèce considérablement mieux adaptée puisque sachant, elle, naviguer de l’un à l’autre, il y a les Juifs, ceux que le dégoût, mélange de désir et de peur pure, aura plus d’une fois qualifié de rats, mais là c’est pire : ils sont volants, ils sont pigeons.

Il est tout de même exaspérant de constater que la couche inférieure se positionne sur la couche supérieure, dans un mouvement qui ne manque pas de suggérer pour cette dernière une enculade ! Le fantasme est fort ; les mesures de rétorsion aussi.

Les humains avec leurs chiens chient des bidets de merdes énormes, c’est chose connue. Le moindre handicapé moteur même légèrement taré sait qu’en la capitale, il ne fait pas bon s’aventurer hors sa prison de murs pour manœuvrer les roues de son engin, à moins d’avoir de sérieux penchants scatophiles, bref, d’être aussi dénaturé que ces êtres dé-naturés.

MAIS. Ce ne sont point les clébards qui sont vilipendés, ce ne sont pas nos matières sombres et odorantes qui sont désignées du doigt, non : pour la honte de soi, pour la terreur de sa propre essence encoprésique, le coupable est tout trouvé : c’est lui, qui défèque ! Pas nous !!

Puissance de la jalousie : les pigeons volent, les pigeons dans cette ville dont on ne tente de s’échapper, dans cet espace qu’on n’ose modeler à sa convenance, dans ce temps accéléré dont aveugle, avec ô combien de perversion l’on accepte de devenir l’esclave servile, sans sourciller, sans mourir sur le champ d’indignité pour s’être à ce point renié, les pigeons, eux, restent libres, restent légers dans les airs porteurs, restent à glander sur le trottoir quand notre pas est si pressé, restent si libres qu’eux, chier où ils veulent ils savent encore, et ne s’en privent pas, et putain !!! qu’est ce que ça nous agace, toute cette liberté en pleine gueule comme un continuel rappel de notre existence sans aucun sens !!!

En eux on voit ce que l’on veut : des chieurs, des bouffeurs de merde (quand affamés ils sont réduits à se nourrir de vers des excréments tapissant nos artères de bitume), des êtres obsédés par le sexe ; ooooh, jalousie ! Les mâles hérissent leurs plumes tout à la drague de la femelle, et l’Humain respectable s’estime tellement meilleur. Quand ses femelles sont spectatrices, alors à son tour il gonfle le jabot, et pour bien montrer sa puissance, d’un mâle coup de pied envoie valdinguer le volatile à des années lumière. (Vu il y a quelques semaines, quelque part vers Pereire.)

Non non : nous n’avons rien à faire, rien à forniquer avec le monde des pigeons ! Comment ne pas haïr des êtres dont le nom nous rappelle que nous sommes nous-mêmes des pigeons, les pigeons d’une vie citadine que nous ne maîtrisons qu’à peine, et que nous faire pigeonner, nous faire chier dessus, c’est notre quotidien ?

Non non : nous ne sommes pas des pigeons ! Ce sont eux ! Ce sont les autres !…

 

Ecrit le 26/11/2006 pour mon blog de l'époque, « A corps gagné ».

pigeon2000

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commentaires

Sandrine 28/09/2010 13:31


Merci pour vos commentaires, et merci aussi, Alexandra et Creac'h, pour vos précisions.
Le problème des pigeons me fait penser un peu à celui des immigrés : on les a fait venir quand on avait besoin d'eux, et ensuite, on estime qu'ils sont trop nombreux.
Perso j'ai découvert sur le site de l'Ambassade des pigeons qu'ils sont essentiellement granivores ; ça me les rend d'autant plus sympas (des végans, quoi !) et surtout me fait comprendre davantage
que la plupart crèvent de faim.
Depuis ma visite sur ce site, je ramasse par ailleurs tous les cordons de sacs poubelle... je ramassais déjà les sacs plastique (par deux fois, j'ai vu des pigeons s'étrangler avec ces saloperies,
ai aidé à les sauver).
Enfin, j'adore rencontrer des pigeons : heureusement qu'on peut encore croiser, en plein Paris, des oiseaux libres ! A Amsterdam, on côtoie facilement des tas d'oiseaux variés volant, nageant ou
déambulant en toute liberté : perruches, foulques, hérons, etc. C'est génial. A Paris, vive les pigeons, les corneilles (hyper nombreuses dans mon coin), les mouettes etc !


Alexandra 27/09/2010 21:38


Un pigeon qui ne retrouve pas sa maison ???? ça m'interroge alors je soumets la question à la SPOV (Société Protectrice des Oiseaux de Ville) qui n'a pas hésité à me répondre à une heure bien
tardive : je l'en remercie.

Bonjour,
Tout d'abord merci de votre message et de votre attention !
Réponse rapide :
- vous avez raison en ce qui concerne les pigeons adultes : ils peuvent retrouver le chemin de leur lieu de vie en franchissant des distances bien plus considérables ;
- par contre, s'il s'agit de jeunes pigeons, ils ont peu de chances de trouver le chemin comme de s'intégrer à une autre colonie ; alors, s'il n'y que quelques jours entre la prise en charge et le
relâcher du jeune oiseau, il faut en effet le conduire au sein de sa colonie d'origine ; si le jeune oiseau est resté plus longtemps hebergé par des humains, il est nettement préférable de le
réinsérer progressivement en le plaçant d'abord en volière avec d'autres jeunes.
Encore merci & sincères salutations
S.P.O.V. NADIA / Muriel (Secrétariat)

Alors, comment distinguer un jeune pigeon d'un adulte ??? dans le doute, effectivement, le relâcher sur son lieu de vie.

Alexandra


Pascale 27/09/2010 00:25


Merci...un plaisir de découvrir sous ta plume ta belle authenticité et ton enthousiasme à partager. Heureuse de marcher avec Toi et d'autres sur ce chemin, qui mènera, je l'espère un jour, au
respect et à la liberté des animaux, du "vivant"! Pas de risque d'y perdre des plumes, puisque l'"oignon" fait la force! Puisse la contribution de chacun, rendre un jour, la Vie légère comme une
... plume :-)


Creac'h 26/09/2010 19:30


N'oublions pas que les pigeons des villes, sont une pure création des hommes. En France, il y a trois espéces de pigeons sauvages, les pigeons ramiers migrateurs qui fréquentent nos villes et nos
campagnes, les pigeons colombins qui fréquentent nos forêts et nos parcs, les pigeons biset qui fréquente nos falaises. Les pigeons que nous voyons dans les villes ne sont pas issus de l'evolution
naturelle, l'homme est intervenu et par croisement a créé des races batardes. Les pigeons des villes proviennent uniquement (à part les ramiers)de la fermeture des pigeonniers créés par l'homme,
pour rappel : http://geotrupe.canalblog.com/archives/2007/09/index.html
Une fois de plus l'homme a joué à l'apprenti sorcier sans mesurer les conséquence.


Christophe 26/09/2010 18:46


très sympa ton article, merci !
c'est simple, on devait se rencontrer, et dorénavant on ne se quittera plus ! Lezanimos ont trop besoin de nous, et de la qualité, entre-autres, de ta plume.


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